Catégorie : Catéchuménat

KTQ- Jésus nous dit Dieu par sa vie d’homme (6)

C’est en Jésus de Nazareth, que Dieu lui-même s’approche.

Dieu s’est fait homme afin que nous puissions le voir dans un visage d’homme, l’entendre nous parler, le voir agir :

1 Jn 1, 1-2 : « Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons. Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. »

Les prophètes nous parlaient de Dieu, ils nous transmettaient la parole que Dieu leur avait dite ; Jésus, lui, est la Parole, il nous dit Dieu dans tout son être :

Jn 14,9 : « Celui qui m’a vu a vu le Père. »

Cette prétention à être le Fils unique de Dieu venu dans la chair, est confirmée par le Père lui-même ; ainsi au baptême de Jésus par Jean le Baptiste :

Lc 3,22 : « L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : “Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie”. »

Ainsi qu’à la Transfiguration :

Lc 9,35 : « De la nuée, une voix se fit entendre : “Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ”»

Jésus parle avec autorité et non pas comme les chefs religieux :

Mc 1,22 : « On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. »

Il agit avec une autorité toute divine puisqu’il guérit par sa seule parole, et expulse les démons :

Mc 1, 32-34 : « Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. »

Mais il manifeste surtout son origine divine en accomplissant ce que Dieu seul peut faire : en pardonnant les péchés :

Mc 2,5 : « Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : “Mon enfant, tes péchés sont pardonnés”. »

Le Dieu que Jésus nous révèle est le Dieu de miséricorde, qui nous a envoyé son Fils pour nous dire son amour, sa volonté de nous réconcilier avec lui, de nous rétablir dans notre dignité de fils et de filles de Dieu, que nous avions perdue en nous détournant de lui et en prétendant à une autonomie mensongère :

2 Co 5, 18-22 : « Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. »

Si Jésus est le Fils de Dieu fait chair pour nous ouvrir le chemin vers le Père, il convient d’apprendre à le connaitre en méditant les Evangiles qui sont la « mémoire des apôtres », c’est-à-dire le récit de ce qu’ils ont vécu avec Jésus et qu’ils nous ont laissé afin que nous aussi…

Jn 20,31 : « …nous croyions que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, nous ayons la vie en son nom. »

KTQ-Le Dieu de Jésus-Christ (5)

Résumons notre foi à sa plus stricte expression :

« Je crois en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, qui me révèle le visage de Dieu son Père, devenu mon Père par le don de l’Esprit Saint ».

Nous croyons qu’en Jésus-Christ, Dieu lui-même s’est approché de nous, nous a révélé son visage ; qu’en lui s’accomplissent les paroles des prophètes ; qu’il est dans toute sa Personne, la plénitude de la révélation, en qui Dieu se donne, pour que nous puissions devenir ses enfants d’adoption.

Accueillir Jésus dans la foi, c’est accueillir Dieu lui-même :

Jn 14,9 : « Celui qui m’a vu a vu le Père. »

Le verbe « voir » dans le quatrième Evangile désigne une connaissance intime, une communion de vie, une inhabitation réciproque :

Jn 15,4 : « Demeurez en moi, comme moi en vous. »

Dieu se fait homme pour que l’homme puisse devenir « participant de la nature divine » (2 P 1,4).

 

Sommes-nous bien conscients du scandale de l’Incarnation ?

Affirmer que Dieu, l’Infini, l’Eternel, s’abaisse jusqu’à se faire minuscule fœtus dans le sein de la Vierge Marie, qu’il entre dans le temps et se soumet aux vicissitudes du devenir humain, n’est-ce pas blasphématoire ?

Si nous nous référons à la conception d’un Dieu tout-puissant, retiré dans sa transcendance, certes, l’Incarnation semble irrespectueuse de la différence ontologique.

Mais si nous nous en tenons à la « définition » de Dieu que nous donne St Jean, « Dieu est charité » (1 Jn 4,8) – agapé, c’est-à-dire amour-don, totalement gratuit – alors nous pressentons que l’Incarnation est une exigence de l’Amour, qui veut se faire proche, partager les joies et les peines, la vie et la mort des hommes créés à son image et à sa ressemblance :

Ph 2, 5-7 : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. »

…pour enseigner aux hommes le chemin vers Dieu :

Jn 14,6 : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

Lc 10,22 : « Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Par tout ce qu’il est – c’est-à-dire ce qu’il dit, ce qu’il fait, ses actions, omissions, réactions… – Jésus nous révèle le vrai visage du Dieu d’amour :

1 Jn 4, 9-10 : « Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. »

La conséquence suit logiquement :

1 Jn 4, 11-13 : « Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit. »

A ceux qui croient en son Fils Jésus-Christ, Dieu donne part à l’Esprit d’amour qui nous permet de vivre de sa propre vie, et de devenir ainsi enfants de Dieu :

1 Jn 3,1 : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. »

C’est pourquoi Jésus enseigne à ses disciples d’oser s’adresser à Dieu en l’appelant « Père » :

Mt 6, 9-13 : « Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.  Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. »

Si nous pouvons appeler Dieu notre Père, c’est donc que par la foi, nous avons accès à une vie nouvelle qui vient de lui, ou pour le dire autrement : nous sommes « born again » (nés à nouveau) :

1 P 1,23 : « Dieu vous a fait renaître, non pas d’une semence périssable, mais d’une semence impérissable : sa parole vivante qui demeure. »

Jn 1, 12-13 : « A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. »

C’est cette nouvelle naissance que Jésus annonçait à Nicodème :

Jn 3,5 : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. »

Le baptême sacramentel est précisément pour chacun de nous cette nouvelle naissance à la vie divine dans l’Esprit.

 

KTQ-Le Fils unique du Père (4)

La doctrine trinitaire ne fait qu’expliciter de manière conceptuelle, la Révélation divine offerte et transmise dans les Ecritures – en particulier dans les quatre Evangiles – norme ultime de notre foi.

Nous y découvrons que pour Jésus, être fils c’est vivre dans un accueil continuel des dons du Père et une continuelle action de grâce pour cette relation vivifiante.

Son amour filial est avant tout un amour reconnaissant. En tant que Fils il ne prétend en aucune manière être la source de son être, de sa vie, ni même de son amour.

La source en toutes choses, c’est le Père. Le Fils accepte de tout recevoir, plein de reconnaissance pour le don auquel il s’ouvre avec une infinie gratitude. Ce don c’est à la fois son être, sa vie et son amour pour le Père.

Cette révélation est particulièrement explicitée dans le 4ème évangile. Jésus y est présenté comme :

  • se recevant tout entier de son Père, dans son être comme dans son agir,
  • et vivant dans une attitude continuelle de reconnaissance, de gratitude filiale :

« Le Père aime le Fils et il a tout remis en sa main » (Jn 3, 35).

Ce n’est pas un simple constat, mais un cri d’émerveillement, une jubilation débordante de reconnaissance. Jésus est plein d’admiration pour la générosité du Père à son égard et pour la confiance que le Père lui témoigne :

« Le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait » (Jn 5, 20).

Et encore :

« Comme le Père a la vie en lui, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui » (Jn 5, 26).

Si le Fils reçoit tout du Père, à commencer par son être, alors ses paroles et ses actions remontent ultimement également au Père :

« Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé » (Jn 7, 16) ;

« Ce que le Père m’a enseigné je le dis » (Jn 8, 28) ;

« Les paroles que j’ai dites c’est comme le Père me l’a dit que je l’ai dit » (Jn 12, 50).

De même pour les œuvres :

« Les œuvres que le Père m’a données pour que je les mène à bonne fin » (Jn 5, 36).

Ou encore parlant au Père :

« L’œuvre que tu m’as donnée de faire » (Jn 17, 4).

Même ses disciples, Jésus les reçoit du Père :

« Ils étaient à toi, tu me les as donnés » (Jn 17, 6).

Et il ajoute :

« Je prie pour ceux que tu m’as donnés parce qu’ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi » (Jn 17, 10).

Sans doute cette dernière phrase est-elle l’expression la plus complète de l’attitude filiale de Jésus, qui associe humilité et gloire :

  • l’humilité de celui qui reconnaît qu’il n’a rien de lui-même ;
  • et la gloire dans la reconnaissance que le Père l’a établi sur toutes choses.

Toute la vie de Jésus, tout ce qu’il dit et tout ce qu’il fait, exprime cette reconnaissance que tout vient du Père ; cette action de grâce devant la générosité infinie du Père, auquel il s’offre tout entier, dans un élan d’amour réciproque.

Et cet Acte éternel d’Amour réciproque,

  • dans lequel le Père engendre le Fils à partir de toute la Substance divine,
  • et dans lequel le Fils offre au Père l’unique Substance divine qu’il a reçue de Lui,

est l’Esprit Saint en qui le Père et le Fils sont un :

« Le Père et moi, nous sommes UN » (Jn 10,30).

 

KTQ-Un seul Dieu en trois Personnes (3)

De manière quelque peu provoquante, nous pourrions dire : je ne crois pas en Dieu (concept trop vague et à multiples sens) ; je crois en Jésus-Christ et en Celui qu’il me révèle dans l’Esprit Saint, comme étant mon Père.

C’est en effet en Jésus que Dieu lui-même s’approche de nous, pour se révéler « en Esprit et vérité » (Jn 4,24) :

Mt 11,27 : « Personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Jésus est « l’image du Dieu invisible » (Col 1,15), le « Rayonnement de la gloire de Dieu, l’expression parfaite de son être » (He 1,3), son Verbe éternel :

Jn 1,1 : « Au commencement (littéralement : « dans l’origine ») était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. »

Ce que résume comme suit le Symbole de Nicée-Constantinople :

« Je crois en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre, et de toutes les choses visibles et invisibles.

Et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, Fils Unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Lumière de Lumière, Vrai Dieu de Vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père. »

Le Père et le Fils ne sont donc pas deux « individus » distincts, puisqu’ils partagent la même et unique Substance divine. Le Père est Dieu et le Fils est ce même et unique Dieu. Tous deux se distinguent par leur « relation d’opposition » au sein de l’unique Substance divine : les termes « père » et « fils » sont en effet des termes relationnels qui s’appellent l’un l’autre. Ce qui conduit Saint Augustin à « définir » les Personnes divines comme des « relations subsistantes » (au sein de l’unique Substance divine).

Pour le dire d’une manière imagée : « Dieu est amour » (1 Jn 4,8), càd : il est l’Acte subsistant d’Amour infini. Eternellement il se donne dans un rayonnement de tout son Etre. Mais il ne se répand pas dans le vide : par ce don de lui-même, le Père engendre éternellement le Fils qui reçoit de lui toute la Substance divine.

Dans un éternel acte d’amour réciproque, le Fils reflue vers le Père auquel il se donne totalement, lui restituant toute la Substance divine dont il est engendré.

L’acte éternel d’amour, dans lequel le Père engendre le Fils et dans lequel le Fils reflue vers le Père, est Dieu lui-aussi puisqu’il implique toute la Substance divine ; il est nommé Esprit Saint :

« Je crois en l’Esprit Saint, Seigneur, qui donne la vie, qui procède du Père, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils » (Symbole de Nicée-Constantinople).

Il est l’acte de Charité parfaite qui unit le Père au Fils dans une éternelle étreinte d’amour. Nous parlons en théologie de la « génération » du Fils et de la « procession » (procède du Père et du Fils) ou « spiration » de l’Esprit Saint.

Un seul Dieu en trois Personnes, qui désignent trois Relations subsistantes – Paternité, Filiation et Spiration – au sein de l’unique Substance divine, qui est Acte d’amour éternel et infini.

Ayant dit cela, nous avons bien conscience de n’avoir fait que balbutier quelques mots inadéquats pour parler du mystère ineffable de la très Sainte Trinité !

J’ajoute que ce que nous venons de dire, nous avons à le justifier à partir des Ecritures, source de notre foi ; c’est ce que nous ferons dans nos prochains échanges.

KTQ-Un Dieu ami des hommes (2)

Le Dieu chrétien n’est pas d’abord le Dieu d’un livre, mais le Dieu vivant, et le Dieu des vivants qu’il fait vivre, dont la Bible rapporte le témoignage :

Ex 3,4.6 : « Dieu l’appela du milieu du buisson : “Moïse ! Moïse ! ” Il dit : “Me voici ! ” Et il déclara : “Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob”. »

Dieu ne dit pas qu’il est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, car il est personnellement et directement le père de chacun de ses enfants.

Jésus reprendra ce passage dans sa discussion avec les saducéens sur la résurrection :

Mt 22, 31-32 : « Au sujet de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce qui vous a été dit par Dieu : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

Un Dieu proche, compatissant, comme le souligne la suite du récit du Buisson ardent :

Ex 3, 7-10 : « Le Seigneur dit : “J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrancesJe suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel, vers le lieu où vivent le Cananéen, le Hittite, l’Amorite, le Perizzite, le Hivvite et le Jébuséen. Maintenant, le cri des fils d’Israël est parvenu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël”. »

Notre Dieu voit la misère de ses enfants, entend leurs cris, connais leurs souffrances, car il est descendu en son Fils Jésus-Christ assumer nos souffrances y compris notre mort, pour nous délivrer de l’esclavage du péché, pour nous rendre participants de sa résurrection, nous donner part à sa nature divine dans l’Esprit de vie.

Lorsque Moïse lui demande son Nom, la réponse de Dieu demeure énigmatique :

Ex 3,14 : « Dieu dit à Moïse : “Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS”. »

On peut interpréter ce verset comme un refus de la part de Dieu de donner son Nom qui est ineffable et mystérieux (le Nom représente la Personne).

On peut aussi interpréter cette réponse en un sens ontologique : Dieu source de tout ce qui existe, et qui n’a besoin de nul autre pour exister – la tradition patristique développera cet aspect.

Mais on peut aussi entendre cette mystérieuse dénomination dans un sens plus existentiel, et probablement plus proche de la mentalité sémite : « Je suis celui qui était avec vous, qui est avec vous, et qui sera toujours fidèlement avec vous ».

Ce qui se réalise pleinement en Jésus, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous :

Mt 28,20 : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Un Dieu qui nous est proche non seulement en tant que source de notre existence (le Dieu Créateur, Cause première nécessairement présente à son effet), mais proche dans une relation personnelle d’amour, de tendresse, de miséricorde :

Ex 34, 6-7 : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, qui garde sa fidélité jusqu’à la millième génération, supporte faute, transgression et péché. »

Un Dieu qui ne se lasse pas de nous déclarer son amour pour que nous osions venir à lui :

« Ainsi parle le Seigneur, lui qui t’a créé et t’a façonné :

Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.

Je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur.

Tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur pour moi et moi je t’aime.

Ne crains pas, car je suis avec toi.

Je répandrai l’eau sur ce qui est assoiffé, des ruisseaux sur la terre desséchée.

Je répandrai mon esprit sur ta postérité, ma bénédiction sur tes descendants.

Ils grandiront comme en un pré verdoyant,

comme les peupliers au bord des eaux courantes.

Une femme peut-elle oublier son nourrisson,

ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ?

Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas.

Car j’ai gravé ton nom sur les paumes de mes mains » (Is 43,1.3-5 ; 44,3-4 ; 49,15-16).

KTQ – En quel Dieu croyons-nous ? (1)

Qu’est-ce que « dieu » ?

1- Pour Platon, le concept « dieu » désigne le « principe anhypothétique » – terme compliqué qui signifie le premier principe, au-delà duquel la raison ne peut pas remonter pour expliquer le monde. Il s’agit d’un concept philosophique, qui désigne le terme ultime d’une remontée rationnelle au fondement.

Mais le « dieu » de Platon, n’est pas celui d’Aristote, qui diffère de celui des stoïciens, de celui de Kant, de Hegel, etc. Bien des philosophes ont ainsi présenté leur conception personnelle de Dieu, le plus souvent incompatibles entre elles.

2- Si nous regardons du côté des grandes Traditions religieuses, là encore nous trouvons un grand nombre de propositions divergentes, qui cette fois ne sont plus le fruit d’un travail rationnel (comme dans le cas du dieu des philosophes), mais plutôt l’expression d’une intuition concernant l’origine et la fin (c’est-à-dire le sens) de la vie, fruit d’une longue recherche spirituelle de sages, au prix d’un certain retrait du monde et d’efforts ascétiques.

3- Il est donc important de préciser de quoi nous parlons lorsque nous usons du terme « dieu ». Nous essayerons de le découvrir en parcourant quelques passages des Ecritures, c’est-à-dire du recueil de 73 ouvrages qui composent la Bible, que nous considérons comme inspirée par l’Esprit Saint.

L’image de Dieu que nous découvrirons, n’est donc pas le fruit d’une réflexion humaine, ni même le fruit de la méditation d’un ou de plusieurs sages ou mystiques, mais elle nous est révélée par Dieu lui-même, qui inspire les hagiographes (on désigne par ce nom les auteurs inspirés de la Bible) de manière à ce qu’ils parlent de Lui « en Esprit et vérité » (Jn 4,23).

Cette Révélation culmine dans l’Incarnation Rédemptrice, lorsque le Fils de Dieu lui-même, son Verbe éternel, prend chair de notre chair pour venir nous rencontrer dans une humanité semblable à la nôtre (sauf le péché), s’entretenir avec nous, et finalement nous rendre participants de sa propre nature divine en nous donnant part à son Esprit filial. Nous parlons du mystère de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, point d’aboutissement de notre parcours.

Mais avançons pas à pas, comme le Seigneur nous en donne l’exemple dans son cheminement avec l’humanité tout au long de l’histoire du salut…

Le Dieu de la création

1- Le premier livre de la Bible se nomme la « Genèse ». Relisons le chapitre 1 du verset 1 jusqu’au chapitre 2, verset 4 (Gn 1,1 – 2,4).

Ne prenons pas ce récit au pied de la lettre : ce poème majestueux emprunte ses images aux représentations de l’époque ; son but n’est pas de nous donner un traité de cosmogonie. Il nous parle plutôt de l’initiative divine aux origines, et de la relation que Dieu désire instaurer avec ses créatures, en particulier avec l’homme et la femme, placés au sommet de l’ordre créé.

2- Nous aurons remarqué que le monde sorti des mains de Dieu – ou plutôt qui surgit du néant à mesure qu’il l’appelle à l’existence par sa Parole – est à plusieurs reprises déclaré « bon » et même « très bon » par Dieu lui-même. Nous verrons que le chapitre 3 va jeter l’ombre du péché sur cette création originelle ; mais restons pour le moment à cette affirmation d’un Dieu qui crée par sa Parole, prononcée dans le souffle de son Esprit.

3- Croire en un Dieu créateur c’est affirmer que le monde reçoit son existence d’un Autre, qui est l’Être absolu, Celui qui était, qui est et qui sera toujours, d’éternité en éternité. Il ne reçoit son existence de nul autre : il est « causa sui », c’est-à-dire qu’il est à lui-même l’unique cause de sa propre existence.

La seule « définition » (si nous pouvons parler ainsi) de Dieu dans la Bible, se trouve sous la plume de Saint Jean : « Dieu est amour (agapé) » (1 Jn 4,16). Il est l’éternel acte d’amour, c’est-à-dire de don de soi, que Jésus nous invitera à nommer « Père » (Mt 6,9).

Toutes les créatures participent de manière finie, limitée, imparfaite à l’Être infini, illimité, parfait de Dieu en dehors de qui rien ne peut exister.

C’est en ce sens que St Augustin nous dit qu’il y a des « vestiges de Dieu » (vestigia Dei) en toutes choses créées. Cependant, parmi les innombrables créatures, l’être humain est le seul à être créé « à l’image de Dieu » – c’est-à-dire capable lui aussi d’aimer, de se donner ; ce qui suppose qu’il est doté de conscience de soi, d’intelligence, de volonté, et de la libre disposition de soi.

Créé ainsi « à l’image de Dieu », chacun de nous est appelé à cheminer vers la « ressemblance », en mettant en œuvre cette capacité d’aimer qui nous distingue de toutes les autres créatures, et constitue notre mission propre au sein de toute la création.

Service diocésain de l’initiation chrétienne

Quelques consignes pour la catéchèse et le catéchuménat en cette nouvelle période de confinement(à partir du 30 octobre 2020)

Des messages reçus au SDIC nous demandent les consignes pour ce nouveau temps de confinement…

Dans notre diocèse, depuis le30 octobre2020, toutes les activités et rencontres en «présentiel» concernant le catéchuménat et la catéchèse (hors écoles de l’Enseignement Catholique) sont suspendues pour le moment, jusqu’à ce que l’on ait de nouvelles directives.

C’est une décision douloureuse, qui nous affecte tous, y compris nos évêques.

Suite aux différents avis pris, nous ne voyons pas comment faire différemment dans le contexte sanitaire actuel.

Mais le caté et le catéchuménat ne s’arrêtent pas : ils continuent autrement !

C’est essentiel pour les enfants, leurs parents, et les adultes en chemin !

Des groupes de caté commencent à se réunir par visioconférence, et le vivent positivement.

Note en ce qui concerne nos deux paroisses :

Nous préparons un programme pour les catéchumènes et les enfants du caté sur le nouveau site, qui rassemblera en un seul les deux sites actuels.

Son adresse : stmartin-ndlumières.com 

Nous espérons pouvoir l’ouvrir en fin de semaine.

P. Joseph-Marie