Mot du Père curé – Janvier 2022

« L’année à venir n’existe pas. Nous ne possédons que le petit instant présent. » (Mahmûd Shabestarî, philosophe et poète persan). Le tout est de savoir de quoi nous allons remplir ces « petits instants présents » qui se succèdent ? Je vous propose quelques « clés » pour éviter qu’ils soient envahis d’activités pas vraiment essentielles.

1- Il est bon de commencer une nouvelle année en relisant celle qui vient de s’écouler, afin de rassembler tout le positif pour en rendre grâce, et de déposer le négatif dans la miséricorde de Dieu. Cela permet de discerner ce qui a bien fonctionné, est fécond et mérite d’être poursuivi ; ce qui est à améliorer en discernant les moyens adéquats ; et ce qui est à éviter ou à bannir, car stérile voire source de problèmes.

2- A la lumière de ce premier exercice, nous serons invités à « faire le tri » dans notre vie : certains domaines ont peut-être été surinvestis, au détriment d’autres ? Par exemple : nos multiples engagements n’ont-ils pas été au détriment des moments de rencontre avec le Seigneur dans le silence, la prière, la méditation de sa Parole ? Ou au détriment de l’attention aux personnes de mon entourage ?

3- Les actions routinières sont précieuses car elles ne nécessitent pas un gros engagement psychique, et font gagner du temps. Mais si elles sont trop nombreuses, elles peuvent aussi stériliser la vie qui se réduit à la répétition indéfinie des mêmes gestes dans les mêmes circonstances. C’est pourquoi il est bon d’introduire de la nouveauté, de nouvelles habitudes, qui viennent rompre la monotonie d’une vie sans surprise. Qu’allons-nous faire de neuf pour que l’année qui commence ne soit pas le décalque de celle qui s’achève ?

4- Prendre du temps pour soi. J’entends par là : vérifier que nous ne sommes pas tombés dans la « distraction » pascalienne. Le grand philosophe chrétien Pascal définissait la distraction comme la fuite dans l’activité, par peur de se retrouver seul face à soi-même. La peur du vide intérieur en quelque sorte, qui peut nous éloigner inconsciemment des temps d’oraison. Nous croyons certes que ce « vide » est habité par l’Hôte intérieur qui attend précisément notre visite ; mais osons-nous franchir le seuil du sanctuaire intérieur et nous tenir en présence de Dieu qui habite en nos cœurs ? C’est pourtant aux pieds du Maître, en écoutant sa Parole, que nous découvrons qui Il est pour nous, et dès lors : qui nous sommes à ses yeux, et qui nous devrions être pour nos frères.

Puissent ces quelques clés nous aider à mieux habiter les « instants présents » de l’année qui s’ouvre devant nous, et surtout : à les habiter en bonne compagnie !
Mes meilleurs vœux à tous, en espérant vous revoir très bientôt !

P. Joseph-Marie